Je suis un aventurier, style Marco Polo.

Axel Witsel

Depuis pratiquement vingt ans, le Standard de Liège est associé à Axel Witsel.

Un petit liégeois devenu grand qui a divisé bon nombre de supporters belge, et donc liégeois aussi, sur sa décision de rejoindre la Chine il y a peu, à Tianjin.

Bon nombre de médias ont profité de ce buzz pour mettre en avant un côté vénal dans le choix du joueur. Pourtant, il faut d’abord connaître l’homme pour mieux comprendre ses choix professionnels et privés.

Arrivant tranquillement sur la pelouse de ses premiers exploits quelques jours avant d’y affronter Gibraltar avec l’équipe nationale, l’homme est posé, souriant, disponible, de retour chez lui à Liège.

Il remarque directement l’amélioration de l’état de la surface ou encore des sièges rénovés des réservistes. Ce stade, cet endroit, il ne l’a pas oublié et ne l’oubliera jamais. Peu importe les stades qu’il a eu l’occasion de humer, celui des Rouches résonne encore et se souvient de moments précis qui ont fait de lui ce qu’il est devenu. Axel a la tête sur les épaules, on peut complètement l’associer à la « force tranquille » qui le caractérise énormément. Cette force d’affronter les critiques, cette force d’assumer ses choix quoi qu’il arrive. Et cette tranquillité qui le définit par un côté cool, sans stress, prêt à affronter de futurs choix.

Là où d’autres joueurs de son âge se la jouerait flambeur sur tous les fronts, Axel Witsel est un homme mature depuis des années de par sa responsabilité de mari et père de famille. Un gars respectueux qui vouvoie son coach malgré une excellente relation. Son éducation lui permet d’attiser le respect de chaque personne qui le côtoie.

Kickin' back with #AW28
Kickin’ back with #AW28

Majestueux, élégant. Des caractéristiques qui colle bien à la peau de Witsel. Un peu comme ce ballon en cuir qui lui colle au pied sur un terrain avec cette impression d’assurance qu’il peut offrir à ses partenaires. Il suffit de regarder son idole de jeunesse qui n’est autre que Zinédine Zidane, dont il s’est inspiré de par son attitude sur un terrain de football. Il respire la classe et l’élégance, comme lui. Notre numéro 28 nationale pourrait faire penser à cet artisan qui s’est découvert un don qu’il peut exprimer à sa façon. Cet artisan là peut partager sa passion à n’importe qui mais sa gracieuseté ne pourra jamais s’acheter à coups de chèques ou trésors que voudraient s’approprier d’autres sportifs.

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C’est donc tout naturellement que nous, à Duse Magazine, lui avons offert ce surnom de Marco Polo. L’histoire de cet italien parcourant le monde, tel un explorateur pour se diriger vers la Chine en empruntant la route de la soie. Un Marco Polo à la sauce liégeoise où la peur ne fait pas partie de l’ADN de Witsel. Les critiques furent nombreuses sur ce choix de jouer sur le continent chinois et, pourtant, Axel avait déjà pris ce risque il y a six ans en rejoignant la Russie. Chaque décision est assumée par le joueur qui se veut aventurier dans l’âme. Il peut se targuer d’avoir déjà évolué sur trois continents différents.

Marco Polo est un gage de risque mais aussi de réussite. En se concentrant sur les chiffres d’un transfert, les gens ne voient pas la réelle plus-value que prend le joueur. Lui, assume son choix. En étant adulé là-bas, le numéro 28 garde cette ambition précise de rester compétitif en participant à la prochaine coupe du monde avec son pays. Là où d’autres joueurs belges évolue dans les meilleurs clubs européens, Axel voit cette opportunité comme un challenge supplémentaire sur sa route, entouré des siens.

Si tous les rêves sont permis, à Liège ils sont nombreux à rêver de son retour dans sa ville. Attendons d’abord qu’il offre un trophée dans son nouveau club avant de, qui sait, voir l’enfant prodige rouche se rapprocher de sa seconde résidence : Sclessin.

@Cedric Montulet