Tel un hypnotiseur prêt à vous envoûter pour faire de vous un fan assoiffé de bleu et blanc.

En NBA, vous avez l’embarras du choix. Un peu comme un gosse au supermarché qui ne sait quel chocolat choisir parmi toutes ces sucreries. 30 équipes qui se disputent le Graal chaque saison. Parmi elles, une est à l’honneur. Je vais donc attirer votre attention sur cette seule et unique franchise, la mienne. Tel un hypnotiseur prêt à vous envoûter pour faire de vous un fan assoiffé de bleu et blanc.

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Je veux donc parler de la Floride et plus particulièrement des Orlando Magic.
Car oui, cette franchise fait rêver. Ce logo remplit d’étoiles, la ville du rêve Disney, une ville ensoleillée et la salle de l’ Amway Center qui fait vibrer ses fans depuis 1989.
Flashback. Nous sommes en 1993. Alors que je révise mon dribble un soir d’été sur un playground liégeois, une bande de jeunes s’éclatent en 3 contre 3 et s’amuse à revisiter les moves des plus grands. J’ai alors 11 ans et, comme beaucoup de gosses de mon âge, les Chicago Bulls et Michael Jordan représentent à peu près tout de ce monde. En rentrant à la maison, mon cousin m’offre une VHS…vous avez bien lu. Qu’es ce que c’est ? C’est l’ancêtre du dvd en plus rectangulaire et plus lourd, simplement.

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Sur cette cassette, une émission de Give me 5 et un match du Magic.
En appuyant sur play, je me retrouve plonger au coeur de l’action. Exactement comme ci je connaissais toujours ce joueur…..Lui, c’est Penny. Anfernee « Penny » Hardaway. Un peu comme quand vous croisez une superbe femme, façon « neckbreaker ». Un choc. Une élégance rare dans les gestes, le dribble parfait, un shoot fluide, la classe, le tout réunit dans une seule et unique personne. Un pur coup de foudre sportif.

Comment ne pas rester admiratif devant tant de beauté dans le geste. Le poster grandeur nature dans ma chambre et la légende peut démarrer.
A partir de là, l’évidence est face à moi : Orlando deviendra mon équipe, mon moteur.
Son duo avec Shaquille O’neal est une merveille. Le Magic se retrouve propulsé en finale NBA en 1995…six ans après avoir débuté l’histoire de la franchise seulement.
Comment ne pas oublier ce game one des Finals face aux Rockets, champions en titre. Les jeunes Hardaway, O’neal, Scott face aux briscards d’ Olajuwon et Drexler.
Un véritable film d’angoisse pour moi, j’ai à peine 13 ans et mon coeur s’emballe. 110-107, 10 secondes à jouer, Nick Anderson a deux lancers-francs. Un seul suffit à mon bonheur. Il manque les deux. Il suit son propre shoot et prend le rebond. Il se retrouve de nouveau sur la ligne de réparation. Quatre lancers consécutifs manqués plus tard, c’est Kenny Smith qui nous plante ce « Three » sur la sirène. Avant qu’ Olajuwon ne nous achève avec ce « Tip-in » sur le gong de la prolongation. Malgré le coup de balai des Rockets, l’avenir ne peut qu’être radieux pour cette magnifique équipe.

Shaq & Penny
Shaq & Penny

Nous sommes en 1996, nous voulons retourner en finale. Mais un certain Michael Jordan sort de sa retraite et vient nous éliminer en finale de conférence. Sans le savoir, je vis déjà mes dernières heures de l’ère O’neal. Parti aux lakers la saison suivante, le Shaq laisse Penny diriger le camion floridien sans connaître le même succès. Et c’est finalement ça être fan d’ Orlando…Tout est résumé dans ce game one des Finals ’95. Cette franchise a le don de vous faire passer par tous les sentiments au fil du temps. Orlando reverra une nouvelle star arrivée avec Tracy Mc Grady qui va se révéler en Floride comme un des meilleurs joueurs des années 2000. Après lui, c’est Dwight Howard qui prend possession de l’équipe en 2004. Cinq années de galère avant de connaître à nouveau le premier plan et ces Finals 2009 face aux Lakers. Une nouvelle désillusion pour moi…parce qu’ Orlando avait les armes pour dominer la ligue, comme le Magic version 95.

Copyright 2009 NBAE (Photo by Garrett Ellwood/NBAE via Getty Images)
Copyright 2009 NBAE (Photo by Garrett Ellwood/NBAE via Getty Images)

Résultat, après 4 saisons d’éliminations prématurées, Superman file à l’ancienne et nous laisse orphelin. Depuis 2012, ma franchise végète dans les fonds du classement. Mais il y a du positif cette saison encore. Avec la patte du coach Frank Vogel, Orlando se retrouve dans le top 5 des meilleures défenses. Pour enfiler les paniers, c’est une autre histoire, la patience est une vertu…

Parce que finalement, ces Orlando Magic je les ai dans la peau depuis 1993. Tellement dans la peau qu’ils font partie intégrante de moi. Ce tatouage est d’abord un recouvrement…du logo de Sa Majesté Jordan qui ressemblait plutôt à Glen Davis (oh un ancien Magic) qu’à MJ. Oui, même Jordan est éclipsé par ma franchise de coeur.
Orlando ne peut que renaître de ses cendres et redorer ses lettres de noblesse très bientôt. C’est comme un ascenseur à émotions finalement. Ou comme le Big Thunder Mountain de Disneyland, là où vous creusez dans la mine pour retrouver les sommets peu de temps après. Orlando Magic, c’est une franchise unique au monde…avec des fans unique au monde. Il ne me restera plus qu’à poser mon postérieur un jour sur un des siège de l’Amway pour enfin vivre ce moment si « Magic »…

CEDRIC MONTULET