Sûr | Doué

@antonicoppi

Le stéréotype de l’image d’un pilote de F1 jouit de personnalité qui ne va pas faire de vague. Il y a des cas à part…

Donington Park, 11 avril 1993. La météo est typiquement anglaise en ce dimanche pour ce qui restera l’unique Grand Prix disputé sur ce circuit. La pluie, Ayrton Senna adore ça. Et alors qu’il vit un début de saison compliqué, le Brésilien compte bien profiter des conditions pour s’imposer. C’est sous la pluie qu’il a posé la première pierre de sa légende. En conditions sèches, sa McLaren ne peut rien face aux Williams de son ennemi Alain Prost et de Damon Hill. L’occasion est trop belle.

Ayrton Senna, la légende.

Mais ça commence mal. Parti quatrième, il rate totalement son envol et aborde le premier des onze virages en cinquième position. La magie commence alors à peine à opérer. Il porte son attaque sur le jeune Michael Schumacher avant de ne faire qu’une bouchée de Karl Wendlinger. Un peu plus loin, ce sont les Williams de Hill et Prost qui ne peuvent que regarder, impuissants, le Brésilien leur passer devant. Fin du premier tour. Fin des quatre premiers kilomètres de ce Grand Prix. Fin du game. Plus personne ne reverra Ayrton Senna. Il vient d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la discipline. Il s’agit probablement du plus beau tour jamais vu en F1.

 

Parmi les téléspectateurs ayant vécu cet événement, un jeune anglais de huit ans. Il était loin d’être le seul devant sa télévision cette après-midi-là. Mais il a ceci de particulier qu’il s’appelle Lewis Carl Davidson Hamilton. Sitôt la course terminée, il dit à son papa, Anthony, qu’il sait ce qu’il veut faire comme métier. C’est ainsi qu’une légende, qui allait tragiquement s’en aller onze mois plus tard, laissait place à une autre.

Lewis Hamilton au début de sa carrière.

Mais déjà à l’époque, le karting, de par son coût, était réservé à une certaine “élite”. Une caste à laquelle les Hamilton n’appartiennent pas. Alors Anthony Hamilton a pris un risque : celui de se consacrer à la carrière de son fils. Parler de sacrifice n’est nullement exagéré, le patriarche allant jusqu’à cumuler deux jobs pour avoir suffisamment de rentrées pour permettre à Lewis de rouler. Nombreux sont les pères à risquer le tout pour le tout afin de voir leur enfant atteindre le sommet, la Formule 1. La passion l’emporte sur la raison. Pour un pari réussi d’Anthony Hamilton, combien ont perdu gros ? Voire tout perdu ?

Born | Ready

Sous la houlette de son père, Lewis débute en karting à un âge tout à fait normal. Et son adaptation est aussi fulgurante qu’efficace. Il décroche son premier titre de Champion d’Angleterre à neuf ans. Peu après, il fait la rencontre de Ron Dennis, le grand patron de McLaren. Là où n’importe quel gamin de son âge oserait à peine demander un autographe ou une photo, Hamilton lui fait part de son désir de rouler un jour pour son écurie. Dennis suit alors le parcours du jeune pilote. L’histoire est en marche. Á treize ans, Lewis Hamilton intègre le programme de développement de McLaren. Terminée la chasse aux sponsors. Terminées les économies à la limite du raisonnable. Mais bonjour la pression supplémentaire. Il faut désormais justifier la confiance accordée par McLaren. Ce qu’il fait à merveille, jusqu’au titre de Champion d’Europe de karting de sa catégorie en 2000.

Réussir en karting est une chose, réussir en voiture en est une autre. La voiture demande des moyens encore plus élevés. On peut avoir les moyens pour être au meilleur niveau en karting et ne pas être assez riche pour la voiture. Car le sport automobile à ça de cruel. En soi, c’est un sport comme un autre. Pour être au top, il faut bosser, bosser, bosser, bosser, bosser et encore bosser. La passion doit être une obsession ! Sauf que là où un footballeur ou un basketteur peut aller taper la balle ou claquer des dunks sur le terrain d’à côté, rouler en voiture de course à un coût. Il faut payer les trains de pneus, le carburant, les pièces de rechanges, louer la piste,… L’addition est vite salée. Le nombre de pilotes talentueux ayant dû s’arrêter faute de finances est très élevé. Trop même. N’oublions pas non plus qu’être performant en voiture nécessite un certain style de pilotage, qui ne convient pas forcément à un excellent pilote de kart.

Mais bref, revenons à l’essentiel. Tout ceci n’a pas empêché Lewis de confirmer tout le bien dont on pensait de lui. Il débarque en Formule Renault britannique en 2002 et gagne le titre en 2003. Il gravit un échelon avec le passage en Formule 3 en 2004. Bis repetita, il lui faut une année pour apprendre et l’autre pour gagner. Une domination impitoyable en 2005 avec quinze succès en vingt courses. Hallucinant. Gigantesque. Le monde du sport automobile commence à connaître le phénomène.

Il débarque logiquement dans l’antichambre de la Formule 1, le GP2, en 2006. La dernière marche est souvent la plus dure. Mais qu’importe, Lewis va la franchir rapidement, et avec brio. Le format des courses est court, ne laissant pas le droit à l’erreur. Tout le monde dispose du même matériel, ce sont donc les pilotes et les équipes qui font la différence. Une pénalité ne l’empêche pourtant pas de s’imposer au Nürburgring. Mais le meilleur est à venir ! Á Instabul, pour l’avant-dernier rendez-vous, il est en lutte pour le titre avec Nelson Piquet Jr. Piquet gagne d’ailleurs la première course devant Hamilton. Et au départ de la deuxième course, la plus courte, une quarantaine de minutes à peine, Lewis part en tête-à-queue et tombe à la dix-huitième place. Catastrophe ? Voie royale pour son rival ? La suite s’apparente à un jeu vidéo. Quiconque y a déjà joué connaît virtuellement cette frustration. Il n’y a pas de danger physique derrière un écran et donc on se remet en position au plus vite, et tant pis si l’intelligence artificielle ne prend pas ce paramètre en compte. Mais nous sommes dans le réel. Et Lewis réagit comme s’il était dans un jeu. Il se relance alors que d’autres arrivent à toute vitesse. Miraculeusement, personne ne le heurte.

Retour dans le virtuel. Vous voulez vous racheter de votre erreur. Vous écartez alors les trajectoires à la limite du raisonnable et vous n’avez pas peur d’aller au contact avec vos adversaires. Lewis non plus… Et pourtant, il évolue toujours dans la réalité. Il va finalement voir le drapeau à damiers à la deuxième position. Il vient d’écrire l’une des plus belles pages de la discipline et remportera finalement le titre. Cette fois, le coup d’essai est devenu un coup de maître. Les portes de la Formule 1 sont désormais grandes ouvertes.

Premier | Noir

C’est à Monza qu’il remporte le titre en GP2. Ce même week-end, au même endroit, Michael Schumacher annonce qu’il quitte la F1, après avoir l’avoir outrageusement dominé au début des années 2000. La passation de pouvoir s’opère. Mais elle n’a que le nom. Car c’est dans l’équipe rivale de toujours que la future légende va faire son entrée.

Le premier noir de l’histoire de la Formule 1 ?

Eh bien non…

Rares sont les rookies à débuter dans une écurie du Top 3. Lewis Hamilton est donc attendu au tournant. D’autant plus qu’il vient de devenir le premier pilote de couleur à accéder à la Formule 1. Du moins, c’est ainsi qu’il est présenté… Car ce n’est pas tout à fait vrai. Il faut faire un bond de 30 ans en arrière pour trouver trace du premier – et seul jusqu’à lors – pilote de couleur en F1. Cet honneur revient à Danny Ongais, un américain qui vient d’Hawaï. Pourquoi tout le monde semble l’avoir oublié ? Probablement car il a fait un passage éclair en F1. Quatre Grand Prix entre 1977 et 1978 pour trois abandons et une septième place. C’est aux USA qu’il a réalisé ses plus beaux coups, avec une quatrième place aux 500 miles d’Indianapolis et la victoire aux 24 Heures de Daytona en 1979.

Sportivement, Hamilton fait mieux que justifier son statut. Il aligne les podiums et ne doit attendre que six courses avant de remporter sa première course, à Montréal. Á peine arrivé et déjà candidat au titre. Mais son équipier s’appelle Fernando Alonso et vient de débarquer chez McLaren auréolé de deux couronnes chez Renault. La relation est bonne au début. Une pub Mercedes les mettant tous les deux en scènes donne même l’impression d’une certaine complicité.

Tout ceci va vite s’estomper. Alonso est venu pour être le numéro 1 et voir ce jeune rookie remettre son statut en cause n’est pas à son goût. Les relations sont tendues et les médias n’hésitent pas à comparer ce duel à celui que se livraient Alain Prost et Ayrton Senna dans cette même écurie McLaren. Place aux coups bas. Celui d’Alonso à Budapest pendant les qualifications fera date. Il ne reste que quelques minutes pour aller chercher la pole position et McLaren fait rentrer ses deux voitures pour chausser de nouveaux pneus. Alonso arrive suffisamment de temps avant Hamilton pour ne pas le gêner. Mais l’Espagnol reste immobilisé quelques secondes après le changement de pneus, bloquant ainsi Lewis Hamilton pour l’empêcher de faire une ultime tentative. Le divorce est prononcé, c’est désormais du chacun pour soi. Bienvenue en Formule 1 Lewis.

Pour ne rien arranger, la saison de McLaren est perturbée par un scandale d’espionnage où un membre de l’écurie britannique s’est vu fournir des documents confidentiels venant de chez Ferrari. Bref, c’est le bordel… En l’espace de quelques mois, Lewis Hamilton doit faire face à la célébrité, la pression du titre, une relation plus que tendue avec son équipier et son écurie dans la tourmente. Mais il est chez lui, et il peut compter sur le soutien inconditionnel du patron Ron Dennis. Il profite de la situation pour montrer à quel point il est déjà solide mentalement.

Au Mont Fuji, au Japon, il fait un pas en avant vers le titre en s’imposant avec brio sous la pluie. Il ne reste que deux courses, une à Shangaï et une à Sao Paulo. La voie est royale, il peut devenir le deuxième pilote de l’histoire à gagner le titre dès sa première saison, rejoignant ainsi Jacques Villeneuve. Mais en Chine, c’est le drame. Il abandonne pour la deuxième fois de l’année, bêtement. Ses pneus sont à l’agonie, il doit passer aux stands. Il se dirige vers la pitlane, il n’y a qu’un virage à négocier. Et il rate complétement sa sortie pour terminer dans le bac à graviers. Il laisse le pilote Ferrari Kimi Raïkkonen s’imposer et se relancer totalement au championnat. Deuxième, Alonso en profite aussi pour voir ses chances repartir à la hausse. L’ultime rendez-vous au Brésil promet d’être épique. Il le sera…

Ce Grand Prix du Brésil 2007 est historique, son déroulement improbable. Lewis Hamilton loupe le titre, après une sortie et un problème technique l’ayant ralenti en début de course. Il va tenter de remonter, en vain. Le coup est rude. Lui qui avait un boulevard d’avance sur ses rivaux à deux Grand Prix de la fin rate le titre pour un point. Pour McLaren, l’échec est total, terrible. Kimi Raikkonen a surgi en fin de saison pour arracher le titre d’une manière héroïque. Comment va réagir Lewis ? C’est son premier coup dur, jamais il n’avait connu un tel échec.

Hamilton x Alonso le break up.

Car à cela il doit assumer son nouveau statut de star. Apprécié des médias, il doit gérer sa célébrité.  Lewis est rapidement devenu un people, notamment grâce à sa relation avec Nicole Scherzinger. Un statut totalement assumé, malgré le fait qu’il soit devenu la cible des paparazzis anglais. Car l’heure de la revanche a sonné. Désormais débarrassé de Fernando Alonso, Lewis est le numéro 1 incontestable chez McLaren. Encore une fois, la saison se termine au Brésil. Encore une fois, le Grand Prix est absolument fou. Encore une fois, Lewis est en difficulté. Après avoir dû faire face à Raikkonen l’année d’avant, son rival en 2008 s’appelle Felipe Massa. Le Brésilien est en totale maîtrise devant son public, déchaîné et tout acquis à sa cause. Il se joue des éléments climatiques difficiles à la perfection et fonce vers le titre. La fin de course est absolument folle, la pluie ayant fait son retour à quelques boucles du terme. La plupart des pilotes changent de pneus, sauf le pilote Toyota Timo Glock, qui prend le risque de rester avec des pneus pour piste sèche. Dernier tour. Massa passe la ligne d’arrivée en vainqueur. Il exulte. Sa famille et l’équipe Ferrari aussi. L’histoire se répète pour le Cheval Cabré. Hamilton devait finir au moins cinquième pour gagner le titre. Il est sixième quand Massa s’impose. Il passe la ligne d’arrivée à son tour… et c’est le stand McLaren qui exulte. La confusion règne. En fait, Lewis a doublé Timo Glock, à l’agonie, dans le dernier virage et a donc fini cinquième. Suffisant pour le premier titre de sa carrière. Personne ne l’avait remarqué, tous les yeux étant rivés sur les scènes de joies en provenance du stand Ferrari. L’ascenseur émotionnel est particulièrement violent. L’image du père de Felipe Massa heureux avant de remarquer que non, son fils n’est pas Champion du Monde, est terrible. La Formule 1 vient de vivre l’une de ses plus folles histoires. Et elle vient d’assister au premier sacre de sa nouvelle idole.

La suite est plus délicate. 2009 marque l’arrivée d’un tout nouveau règlement. Un nouveau virage raté par McLaren et Lewis doit se contenter de deux victoires et ne peut défendre ses chances. La F1 a changé de visage, le duel Ferrari-McLaren laisse place à la domination Red Bull et son chouchou Sebastian Vettel. Hamilton ne passe pas une saison sans gagner mais ne peut plus lutter pour le titre. Il est temps d’écrire un nouveau chapitre.

Goodbye | McLaren

2013 marque un tournant dans la carrière de Lewis Hamilton. Lié à McLaren depuis l’âge de 13 ans, il va quitter le giron “familial” pour la première fois. Nouveau défi, nouveau challenge. Il rejoint Mercedes, qui monte en puissance depuis son retour trois ans plus tôt. Les Allemands profitent du nouveau règlement avec des voitures hybrides pour écraser la concurrence. Lewis devient double champion du Monde en 2014, triple en 2015. 2016 marque un coup d’arrêt, c’est son équipier Nico Rosberg qui gagne le titre, avant de prendre soudainement sa retraite. Lewis est de nouveau l’incontestable numéro 1 de son écurie. Plus ou moins mis en difficulté par Sebastian Vettel et Ferrari depuis deux saisons, il vient malgré tout de remporter un nouveau titre, son cinquième. À 33 ans, il vient d’égaler la légende Juan Manuel Fangio. Les sept titres de Michael Schumacher semblent à sa portée. Car Hamilton n’a jamais semblé aussi fort. Mais va-t-il autant marquer l’histoire que ces illustres noms ? Aujourd’hui, la tendance est de dire non, car la F1 n’est plus ce qu’elle était et n’a plus la même aura qu’au siècle dernier, et même du début de ce siècle. On peut aussi entendre qu’il n’a pas le même mérite, car il bénéficie de la meilleure voiture.

Mais la véritable réponse, on la connaîtra quand Lewis aura quitté la F1 depuis quelques années. Après tout, Michael Schumacher aussi était contesté pendant qu’il enchaînait les succès. Au plus fort de leur duel, Senna et Prost avaient leurs partisans et leurs détracteurs. Un peu comme Leo Messi et Cristiano Ronaldo aujourd’hui. Et quel est le point commun de Vettel, Schumacher, Prost, Senna et Hamilton ? Tous ont connu une période où il n’y en avait que pour eux. Et à cette période, ils avaient tous la meilleure voiture. N’en doutons pas, une fois partis, Hamilton – et également Vettel – se feront une place à leurs côtés dans la légende.


Life | Style

Bolt x Hamilton en champions.

 

Comment conclure sans parler du style de vie d’Hamilton ? Longtemps en couple avec Nicole Scherzinger, il aime se montrer en compagnie des grandes vedettes. On l’a encore vu récemment avec Neymar. Il aime s’amuser, il aime le montrer. C’est rare pour un pilote de F1, généralement posé. Ils sont au final assez peu nombreux à avoir fait la une des journaux pour des faits divers et autres histoires peu enviables. Un pilote de F1 jouit de cette image de personnalité qui ne va pas faire de vague. Il y a des cas à part. Celui de James Hunt qui, lui aussi, savait s’amuser. Un peu trop d’ailleurs. Ses excès ont d’ailleurs eu raison de lui. Dans un autre style, Gilles Villeneuve était lui aussi une personnalité atypique, qui cassait totalement l’image classique du pilote de course. Lewis Hamilton fait partie de ceux-ci en se comportant comme une vraie star. Mais à l’exception de ses quelques dérapages (au sens propre comme au figuré) sans gravité, quand a-t-il été vraiment pris en défaut ? Son style est différent ? Qu’importe, il assume sur la piste. Et il le rend bien à ses fans. La preuve encore après sa victoire à domicile, à Silverstone, où il est allé célébrer son succès auprès du public.

Hamilton en mode icone de mode.

 

S’amuser est dangereux pour un sportif. Surtout à cette époque où les réseaux sociaux sont rois. Demandez à Odell Beckham Jr. et ses équipiers des New York Giants. Ils ont eu le malheur de faire une photo d’une journée de détente à une semaine de leur premier match en playoffs. Ils sont nombreux à leur être tombés dessus. Ils sont nombreux à en avoir rajouté une couche après leur défaite. Par contre, et pour rester en NFL, Rob Gronkowski amuse les gens en déconnant sans cesse. Lui aussi traîne pourtant quelques casseroles mais étonnement, les gens le critiquent moins. Surtout depuis sa première bague, en février 2015. Y-a-t-il une logique dans tout ça ? Probablement pas. Le grand public choisit ses stars, qu’importe ce qu’elles font. En 2017, on a préféré critiquer Hamilton pour ne pas être allé à un événement F1 à Londres à proximité du public plutôt que de saluer sa célébration au Grand Prix de Silverstone. Lewis avait d’ailleurs parfaitement répondu lors de la conférence de presse se tenant juste avant le Grand Prix à l’époque :

« La saison est très intense, je me prépare de la meilleure des façons. Certains le font autrement. Tous les ans, il y a des gens qui ont tellement économisé pour venir là, et on a vu ces dernières années à quel point j’appréciais ce respect et j’essayais de passer du temps avec les fans. […] Je fais de mon mieux pour me lier aux fans. Je communique avec eux autant que possible. Ils sont très importants pour moi et je ne le cache pas. Mon dévouement pour la F1 n’a pas changé depuis dix ans, je vais voir à l’hôpital des enfants qui ne peuvent pas aller au Grand Prix. Je ne vous préviens pas quand je le fais, mais je le fais. Il faut être fier des décisions que l’on prend, et c’est mon cas. Ce week-end, je vais piloter du mieux possible. L’objectif est de remporter le Grand Prix de Grande-Bretagne devant mes compatriotes. » On connaît la suite.

https://www.youtube.com/watch?v=V0DGQxLOWD4

2018 s’achève avec un nouveau sacre, avant même la fin de la saison. On a hâte de voir la suite. Peut-être d’ailleurs qu’à l’instar de Fernando Alonso, de nouveaux défis l’attendent ailleurs qu’en F1. Aux USA par exemple. Nul doute que son attitude avec les fans collerait parfaitement avec la culture racing du pays de l’Oncle Sam. Et cela ajouterai à sa légende. Rendez-vous dans 15 ans…

Vers plus de pilotes de couleur en sport auto ?

Y-aura-t-il alors plus de pilotes de couleur ? Impossible à dire aujourd’hui. Mais Lewis n’est déjà plus le seul black évoluant à un haut niveau. La saison prochaine, Darrell « Bubba » Wallace disputera sa première saison complète en NASCAR, après avoir disputé quelques courses cette année. Il ne sera pas un pionnier mais sera le premier à disputer le championnat complet depuis Wendell Scott en… 1971. Celui-ci est d’ailleurs le seul à avoir remporté une course.

Le mouvement vient peut-être de se mettre en marche. Mais de nouveau, il faudra attendre longtemps avant d’en avoir le cœur net. Dans un récent sondage réalisé par la Formule 1 en collaboration avec Motorsport Network, Lewis Hamilton apparaît comme étant le pilote le plus populaire, sa cote montant en flèche alors que le public est de plus en plus jeune. Pas étonnant, Lewis est un sportif bien dans l’ère du temps. Mais il n’y a pas de chiffres connus concernant l’intérêt de la communauté noire pour la F1. Par contre, concernant Wallace en NASCAR, le chantier est énorme. On estime que la communauté afro-américaine ne représente que 2% de la fan base du sport moteur roi aux States. Bref, le chemin est encore long.